18e sommet de la Ligue des Etats arabes
(Khartoum)

27 Mars 2006
"Majestés, Altesses, Excellences

M. le secrétaire général de la Ligue des Etats arabes, Mesdames, Messieurs,

Il m'est particulièrement agréable d'adresser, au nom des membres de la délégation algérienne et en mon nom personnel, mes vifs remerciements et toute ma gratitude à mon frère, son excellence le Président Omar Hassan El Bachir et au peuple frère du Soudan pour l'accueil généreux et l'hospitalité qui nous ont été réservés dès notre arrivée en terre du Soudan. Comment peut-il en être autrement dans un pays riche de sa générosité, de son hospitalité et de ses hautes valeurs morales.

Nous sommes, en effet, les hôtes d'un pays dont le peuple magnanime est nourri des seules valeurs de liberté, de courage et de vaillance. Un peuple, j'en ai la ferme conviction, en mesure de se défendre avec foi et détermination contre tout aléa menaçant son unité et son intégrité. C'est dire que l'intégrité du pays constitue un des fondements de sa foi et sa confiance en son unité.

Notre sommet s'annonce, en effet, sous de bons auspices. Nous nourrissons l'espoir qu'il constitue un nouveau jalon dans notre processus d'action arabe commune et nous offre l'occasion de dresser le bilan de notre situation pour jeter les fondements de nos projets d'avenir de manière à répondre aux attentes de nos peuples et aux exigences de notre environnement régional et international. Nous souhaitons par la même occasion que nos efforts sincères soient couronnés de succès pour renforcer la solidarité et l'entraide qui nous unissent.

Permettez moi chers soeurs et frères d'évoquer des frères à nous qui, dans un passé récent, participaient à nos assises et dont le précieux apport bénéficiait aux enfants de la nation arabe tout entière. En ce moment précis, mes pensées vont vers les défunts Roi Fahd Ben Abdelaziz, serviteur des deux Lieux Saints de l'Islam, Son Altesse Cheikh Maktoum Ben Rached Al Maktoum et Son Altesse l'Emir Djaber El Ahmed Djaber Essabah, puisse Dieu leur accorder Sa sainte miséricorde et les rétribuer pour tous leurs bienfaits en faveur des nations arabe et musulmane.

Majestés, Altesses, Excellences, Mesdames et Messieurs,

Nous voilà réunis de nouveau aujourd'hui, une année après la session de notre sommet que l'Algérie a eu l'insigne honneur d'abriter et l'immense plaisir d'assumer la mission de suivi et de mise en oeuvre des projets et décisions importantes qui en ont découlés. Notre coordination et notre action commune ont eu pour mérite de conforter nos relations fraternelles, de consacrer la solidarité entre nos pays et nos peuples et partant, de poursuivre notre marche sur la voie des réformes, du développement et de la complémentarité.

C'est le lieu de rappeler certaines réalisations notables accomplies dernièrement par la communauté arabe et de mettre en avant les acquis, venus conforter notre patrimoine, dans le cadre du programme global de réforme de la Ligue arabe, que nous avons décidé d'initier lors du sommet d'Alger. Ce programme vise à rénover et à moderniser notre Organisation, promouvoir sa méthode d'action afin qu'elle puisse accompagner les développements et mutations survenus sur les plans arabe, régional et international et l'adapter au nouveau climat qui marque désormais les relations internationales, de façon à lui permettre de mieux répondre à nos aspirations à l'édification d'un ensemble arabe cohérent, unifié, à même de réaliser le progrès de ses peuples et de s'imposer dans un monde, où il n'y a point de place pour les faibles.

Parmi ces réalisations historiques, figure en premier lieu la création du Parlement arabe qui, sitôt installé, a entrepris d'accomplir les missions qui lui sont assignées pour contribuer précieusement à l'enrichissement de la vie politique arabe, à la promotion de la démocratie et la participation à la vie publique, à la sensibilisation de l'opinion publique arabe et la propagation de la culture de tolérance et de modération. En évoquant cette auguste institution, j'invite ses honorables membres à assumer pleinement les nobles et lourdes responsabilités dont ils ont été investies et à présenter une image rayonnante de notre civilisation et de notre culture, dont la concertation a de tout temps été l'un des principaux piliers et fondements.

Je voudrais saluer les autres pas que nous avons, ensemble, franchis dans la réforme structurelle et fonctionnelle de notre organisation séculaire, traduits notamment par l'instance de suivi des décisions et des engagements, avec sa nouvelle composante, chargée de suivre la mise en oeuvre des décisions que nous prenons et des programmes que nous adoptons ensemble.

Je voudrais aussi me féliciter des résultats que cette instance a enregistrés lors de sa réunion constitutive tenue à Alger en juillet 2005 et sa deuxième réunion, tenue également à Alger, le 20 février dernier. Je tiens à cette occasion à rendre hommage aux louables et précieux efforts consentis par le Secrétaire Général de notre Ligue, notre frère Amr Moussa.

Notre judicieuse et historique décision de remplacer la règle du consensus dans la procédure de prise de décisions, en vigueur depuis la création de la Ligue arabe, par le vote à la majorité, conformément aux normes en vigueur dans l'ensemble des organisations régionales et internationales, mérite, elle aussi, d'être saluée, en ce sens qu'elle permet de rendre plus efficace notre méthode d'action, en conférant davantage de flexibilité à nos activités.

Il convient ici de rappeler le traitement de dossiers relevant des autres institutions, notamment la Cour arabe de justice et le Conseil arabe de paix et de sécurité, dont l'examen a été finalisé en perspective de leur adoption lors de ce sommet.

Grâce à ces réformes, notre Organisation aura franchi d'importants pas sur la voie de la modernisation de sa structure et de son mode de fonctionnement, pour répondre ainsi à nos aspirations à amorcer sa relance et à lui conférer la capacité et l'efficacité nécessaires à la prise en charge de nos préoccupations, dans un cadre arabe garantissant l'indépendance de notre décision collective et préservant nos intérêts vitaux.

Majestés, Altesses, Excellences, Mesdames et Messieurs,

Cette session aura à examiner une série de dossiers politiques, économiques et sociaux qui convergent tous dans le sens de nos démarches visant à poursuivre les réformes, consolider notre processus de complémentarité et jeter les bases solides d'un espace arabe rassembleur, dans lequel le citoyen, où qu'il soit à travers notre nation arabe, jouira de la liberté de circulation, de résidence et de travail, dans un climat de confiance et de respect mutuels.

Si nous voulons rassembler nos capacités et nos potentialités matérielles, techniques et humaines dans un cadre de complémentarité qui nous permette de préserver nos intérêts et d'être partie prenante des évènements qui se déroulent autour de nous, nous devons accélérer l'intégration arabe pour parvenir à créer la grande zone arabe de libre-échange.

Celle-ci permettra de conforter et de préserver la liberté des échanges commerciaux, de faciliter la circulation des capitaux et des personnes, de réunir les conditions nécessaires pour drainer plus d'investissements, de favoriser le partenariat dans nos projets de développement et d'encourager le commerce entre nos Etats, notamment à la faveur du processus de démantèlement tarifaire concrétisé par les conventions que plusieurs de nos pays ont signées avec l'Union européenne et avec d'autres ensembles économiques, dont l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

La création d'un marché arabe commun conduira à l'émergence d'un ensemble économique arabe homogène digne du respect de nos partenaires étrangers, un ensemble qui nous érigera en partenaire ayant son mot à dire dans le processus de prise de décisions et de définition des grands axes des relations économiques internationales.

Pour ce faire, nous nous devons de consolider nos potentialités nationales et coordonner nos actions en matière de créativité et de recherche scientifique et technologique, principal fondement qui nous permet de nous mettre au diapason des pays industrialisés.

Aussi, sommes-nous convaincus que les compétences hautement qualifiées que recèlent nos pays et dont nous nous enorgueillons sont à même de hisser nos chercheurs et nos institutions scientifiques à la hauteur du défi imposé par le monde contemporain et leur permettre de prendre part à la concurrence internationale en matière de création et d'innovation.

Majestés, Altesses, Excellences, Mesdames et Messieurs,

Le contexte international dans lequel se tient notre sommet a atteint un degré de sensibilité et de précision tel, qu'il nous faut coordonner et unifier nos visions et nos approches pour pouvoir maîtriser les évolutions et les développements induits sur la scène internationale. Cela est d'autant plus vrai que notre monde arabe constitue désormais la principale scène où s'opèrent les développements les plus importants et les plus complexes.

Ce n'est guère un hasard que nos pays soient ciblés et que nos peuples endurent peines et misères lorsque le regard partial que les autres portent sur nous n'est que dédain et mépris et, bien souvent, une franche animosité.

La Nation arabo-musulmane a fait l'objet, récemment, d'une grave atteinte portée à la sainte personne de notre prophète Mohamed (QSSL), la meilleure et la plus noble des créatures et notre symbole religieux le plus sacré.

Ceux qui ont offensé et heurté nos sentiments, n'ont pas hésité à invoquer, à tort, la liberté d'expression, interprétant, de la manière la plus vile, un principe noble et donnant le plus mauvais exemple de cette notion de liberté que nous nous attelons à consacrer à travers nos systèmes et nos lois. Et voilà qu'apparaissent au grand jour les paradoxes entre les pratiques et les principes de ceux qui s'érigent en réconciliateurs et qui ne sont en vérité que de vils hypocrites affichant un grand zèle à réformer les Etats arabes pour, prétendent-ils, y instaurer la démocratie et dont les slogans sont source de nos malheurs et principale cause de la révolte de nos peuples.

Ce sont les peuples de notre nation qui, en réalité, subissent les effets de ces graves dépassements et du mépris affiché à l'endroit de ses fondements. Les pays arabo-musulmans se sont ainsi transformés en théâtre de protestation et de révolte, enregistrant, pis encore, des victimes innocentes. Tout ceci a lieu alors que nous déployons de grands efforts pour promouvoir le dialogue entre les civilisations et entre les religions loin de tout choc et de toute confrontation.

Il va sans dire que ces dépassements gravissimes réduisent sensiblement les efforts colossaux consentis pour consacrer le sens de la modération et débarrasser le monde de l'extrémisme résiduel, une tâche qui doit être celle de tout un chacun afin de faire face aux retombées que pourraient induire de telles provocations sur le climat de sérénité et de quiétude dans le monde.

Majestés, Altesses, Excellences, Mesdames et Messieurs,

Le peuple palestinien est, encore une fois, au rendez-vous avec l'histoire et prouve au monde entier sa capacité à diriger les affaires du pays et à prendre en main sa destinée. Il a réussi, en dépit de tous les obstacles, à relever un des plus importants défis auxquels il a été confronté tout au long de son parcours, à savoir l'organisation d'élections législatives dans un climat de démocratie réelle et de transparence absolue.

En effet, les enfants du peuple palestinien ont exprimé leurs aspirations et leurs ambitions à conférer à leur Etat des institutions légitimes, ce qui leur a valu la considération et l'estime de toutes les personnes intègres de par le monde, voire l'admiration de la communauté internationale toute entière.

Dès lors, les appels en vue de confiner le choix des Palestiniens et les tentatives de dénaturer sa portée politique à travers des menaces de boycott et d'arrêt de tout soutien et assistance ne reposent sur aucun fondement et ne peuvent être perçus que comme sanctions injustifiées à l'encontre d'un peuple qui s'est prononcé en toute liberté et en toute démocratie.

Du haut de cette tribune, nous considérons cette position comme une atteinte manifeste au droit palestinien qui vient s'ajouter à la liste, O combien longue, des violations et autres dépassements que ce vaillant peuple combattant n'a eu de cesse de subir, violations qui rendent, encore plus dures, ses épreuves.

Aussi, la pression dont le peuple palestinien fait l'objet s'inscrit-elle en porte-à-faux par rapport aux orientations et autres appels pour la consécration de la pratique démocratique et des libertés collectives.

Les parties qui tentent d'influer sur la décision palestinienne au service de leurs intérêts feignent ignorer cette conjoncture difficile à la faveur de laquelle Israël poursuit sa politique répressive à l'encontre du peuple palestinien sans défense et s'emploie à étendre ses colonies en poursuivant la construction du mur de séparation.

A cela s'ajoute la mise en place d'une clôture maritime qui transforme les territoires palestiniens, notamment la bande de Ghaza, en une véritable prison où un peuple tout entier se trouve détenu au vu et au su de tous et en violation des dispositions de la Légalité internationale et des accords signées avec l'Autorité palestinienne. Le silence des grandes puissances devant cet état de fait constitue un parti pris flagrant en faveur d'Israël et contredit toutes les décisions du Conseil de sécurité et des chartes internationales.

Le principe d'instauration d'une paix globale et juste au Moyen-Orient est un choix que nous adoptons dans notre traitement des dossiers relatifs à l'ensemble de la région. Attachés que nous sommes à l'initiative arabe de paix, adoptée par le sommet de Beyrouth en 2002, nous appelons les parties au conflit à engager des négociations sérieuses sous la supervision du quartette, pour mettre un terme à un conflit qui n'a que trop duré.

Désireux de garantir la sécurité et la stabilité de la région, nous demeurons fermement attachés à notre revendication immuable visant à faire du Moyen-Orient une région exempte de toutes les armes de destruction massive, notamment l'arme nucléaire, et à soumettre toutes les installations nucléaires au système de garanties globales de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Concernant l'Irak, il convient de souligner que la situation dans ce pays frère ne cesse de se détériorer. L'Irak, jadis berceau de l'histoire et de la civilisation, se trouve aujourd'hui menacé de division.

A cet égard, nous appelons les enfants de l'Irak, jaloux de leur pays et de son unité, à resserrer les rangs et à conjuguer leurs efforts pour mettre en échec les tentatives visant à diviser la Nation ou à la précipiter dans une confrontation confessionnelle aux conséquences fâcheuses.

Nous appelons également instamment les forces de la coalition internationale, qui ont pris la responsabilité d'entrer en Irak sous prétexte d'améliorer sa situation politique et sociale, à honorer les engagements qu'elles avaient annoncés devant la communauté internationale et le peuple irakien.

Nous appelons aussi les pays voisins à déployer les efforts nécessaires et à soutenir le peuple irakien en vue de garantir sa cohésion sociale, son intégrité territoriale et sa souveraineté nationale.

Je ne manquerai pas dans ce contexte marqué par l'exacerbation de la crise irakienne, de saluer l'initiative de la Ligue arabe de tenir une conférence de l'entente irakienne en vue de réaliser la réconciliation nationale en Irak, avec la participation de toutes ses parties sans exclusive aucune.

Nous saluons également l'accueil réservé à cette initiative par toutes les directions politiques, partisanes et confessionnelles du peuple irakien, et leur louable contribution lors de la réunion préparatoire à la conférence de l'entente nationale irakienne, tenue au Caire en novembre 2005.

Nous souhaitons que cette conférence puisse se tenir à Baghdad dans les plus brefs délais et aboutir à des résultats positifs à même de remettre l'Irak sur la bonne voie.

Concernant les développements sur les scènes syrienne et libanaise, nous sommes aussi bien attachés à l'éclatement de la vérité sur l'assassinat du martyr, le Premier ministre Rafik Hariri, que Dieu ait son âme qu'à la préservation des liens séculaires de fraternité et de voisinage entre les deux peuples frères. Nous appelons nos frères en Syrie et au Liban à contrecarrer les tentatives des ennemis de la Nation visant à porter atteinte aux liens exceptionnels qui caractérisent les relations entre les deux pays et les deux peuples frères.

Je voudrais, par ailleurs, à cette occasion me féliciter des accords auxquels sont parvenus nos frères en Somalie et des résultats de leurs récentes réunions à Aden sous le parrainage de son excellence le Président de la République Yéménite, Ali Abdallah Salah.

Aussi, j'exhorte nos frères dirigeants des Etats arabes, et les parties qui apportent leur soutien, en premier lieu le Conseil de sécurité, à consolider les institutions somaliennes pour renforcer le processus de réconciliation et asseoir les bases de la sécurité et de la paix.

Je tiens également à me féliciter de la décision du retour, de son exil, du gouvernement de transition en Somalie. Nous savons tous que le pays frère de Somalie a besoin d'un soutien matériel et financier urgent dans les différents domaines. Il importe donc de verser à la Somalie, dans les plus brefs délais, le montant de 26 millions de dollars, décidé lors du sommet d'Alger, pour que ce pays frère puisse transcender sa crise et resserrer ses rangs dans le cadre de la paix et de la stabilité.

Alors que nous sommes réunis au Soudan, permettez-moi de réitérer mes félicitations au peuple soudanais frère, à toutes ses forces vives, et à sa direction nationale, à sa tête mon frère, son excellence le Président Omar Hassan El Bachir, pour l'acquis majeur réalisé suite à la signature du traité de paix à Nairobi à laquelle j'ai eu l'honneur d'assister.

Je suis convaincu que cette réalisation sera suivie par d'autres étapes qui permettront le règlement de toutes les questions demeurées en suspens, notamment celle du Darfour, en vue de préserver l'intégrité territoriale du Soudan, garantir le respect de sa souveraineté, et préserver les spécificités de ses appartenances ethnique, religieuse et culturelle qui constituent les fondements de son identité et de sa personnalité nationale.

Je tiens à saluer les efforts considérables que les dirigeants soudanais n'ont eu de cesse de déployer en étroite collaboration avec l'Union africaine pour circonscrire la crise dans son cadre régional naturel et en coordination avec les autres parties internationales en vue de trouver la formule idoine pour prendre en charge les impératifs de sécurité et de la paix dans la région du Darfour et la protection de ses populations.

J'espère que ces efforts trouveront l'appui et les moyens financiers nécessaires mais aussi une compréhension et une coopération sincères auprès de la communauté internationale.

Mesdames et Messieurs,

Alors que nous sommes réunis sur une terre qui appartient à la fois à la Nation arabe et au continent africain, nous sommes heureux de constater les progrès réalisés par le continent africain durant l'année écoulée pour le rétablissement de la paix et de la sécurité, un fait qui revêt, pour nous, un caractère vital. Nous avons également noté avec fierté les efforts louables consentis par l'Union africaine pour instaurer le dialogue et la coopération avec les différents ensembles continentaux pour mieux répondre aux exigences de l'époque ainsi que ses efforts pour la construction d'un authentique partenariat international en tant qu'option fondamentale à l'ère de la mondialisation et ses multiples implications.

C'est dans le cadre de cette politique pionnière que s'inscrit l'initiative du nouveau partenariat pour le développement en Afrique (NEPAD). Il va sans dire que la coopération arabo-islamique revêt une importance de premier ordre dans notre démarche commune pour la mise en place d'une relation stratégique avec le continent africain. Il s'agit d'une coopération à laquelle la Ligue arabe a accordé un intérêt particulier en la dotant de plusieurs mécanismes.

Cette coopération a néanmoins connu une certaine léthargie au cours de ces dernières années. Il est, par conséquent nécessaire et urgent de réactiver la commission ministérielle permanente et réunir la 2ème conférence au sommet de la coopération arabo-africaine.

Ainsi, et dans le cadre de notre aspiration à construire des espaces de coopération, de solidarité et de dialogue constructif entre nos Etats et les autres ensembles régionaux, nous notons avec satisfaction la tenue du premier sommet entre les pays arabes et les pays d'Amérique du sud à Brasilia en mai 2005. Celui-ci a été sanctionné par un accord entre les deux ensembles pour l'amorce d'une coopération dans plusieurs domaines, la mise en place de mécanismes de suivi et la création d'institutions conjointes, notamment dans le domaine culturel. Cette démarche a été consacrée par la tenue de la première réunion des ministres de la Culture des deux ensembles à Alger au début de l'année, au cours de laquelle a été créée la Bibliothèque arabo-sud américaine dont le siège est basé à Alger.

Tout en souhaitant à ce que l'UE renforce son rôle concernant les questions arabes pour la réalisation d'une paix juste et globale dans la région du Proche-Orient, nous oeuvrons au développement de notre coopération avec nos amis européens à travers un partenariat soutenu qui tient compte des intérêts des deux parties et reflète notre volonté partagée de renforcer le dialogue arabo-européen au service d'objectifs communs.

Concernant la réforme de l'Organisation des Nations-unies, notre aspiration au renforcement de ses capacités et de son efficacité, nous incite à réaffirmer avec insistance la nécessité de permettre à tous les pays de participer à la gestion de toutes les institutions de cette organisation y compris le Secrétariat général.

La question de l'élargissement du Conseil de sécurité continue également à figurer parmi nos préoccupations, car nous sommes appelés à coordonner et à conjuguer nos efforts en vue de garantir notre représentation au sein de ce dispositif central pour préserver nos intérêts vitaux et renforcer notre position dans l'échiquier international.

Permettez-moi enfin d'inviter son excellence le Président Omar Hassan El-Bachir à prendre la Présidence de notre sommet, priant Dieu Tout Puissant de lui prêter assistance pour le succès et la réussite de nos travaux ainsi que la réalisation davantage d'acquis pour nos peuples au service des intérêts suprêmes de notre Nation arabe.

Je vous remercie pour votre aimable attention".